Critique

Par Lucie Renaud in lucierenaud.blogspot (Canada)

Quelques instants ont suffi pour réaliser que l’électropéra reste d’une troublante actualité, tant au niveau sonore que plastique. Si, pour Wagner, l’opéra devait se définir comme Gesamtkunstwerk (œuvre d’art totale) pour s’inscrire en tant que représentation de l’unité de la vie, nous avons affaire ici sans contredit à un sommet. Le travail sur les volumes, qu’ils soient visuels ou sonores, reste magistral. La conception et mise en scène de Pauline Vaillancourt, appuyée par la chorégraphie de Johanne Madore, qui se révèle souvent plus proche de l’installation ou de la danse elle-même (dont le mouvement serait décortiqué au ralenti), n’a pas pris une ride. Le travail sur les éclairages de François Rouspinian peut encore servir d’inspiration à nombre de techniciens sans imagination qui manient le médium avec paresse. La juxtaposition proposée par Zack Settel entre musique électronique (même acousmatique) et chant «traditionnel» fonctionne parfaitement, ainsi que le découpage même des motifs, selon qu’ils soient attribués au scientifique (Jean Maheux, qui avait incarné le rôle lors de la première) ou l’enfant (Ghislaine Deschambault, au timbre magnifique, qui habite entièrement le personnage).

Page presse@9071 générée par litk 0.600 le jeudi 28 septembre 2017. Conception et mise à jour: DIM.