Critique

Par Michel Handfield in Societas Criticus (Canada), 16 mars 2015
Symboliquement on pourrait passer de l’ovule, qui se fait prendre à bras-le-corps dans un utérus symbolique, à la femme, en franchissant toutes les étapes de l’évolution de l’être: de ramper à marcher, de balbutier à parler, de sortir de sa coquille à l’Être, car à chaque étape, la personne change, se transforme, laisse une couche d’elle-même comme une peau symbolique dont elle se libère pour poursuivre son évolution.

J’ai vu cet opéra performance jeudi dernier, le 12 mars, mais il sera terminé au moment de publier ce texte. C’est que ça ne durait que 3 jours (du 12 au 14) à l’Usine C. Par contre, existe aussi un CD. J’y reviendrai après quelques mots sur cette œuvre.

On est dans la métamorphose. Mais, de la vie ou de l’être? Les deux voies sont possibles.

Symboliquement on pourrait passer de l’ovule, qui se fait prendre à bras-le-corps dans un utérus symbolique, à la femme, en franchissant toutes les étapes de l’évolution de l’être: de ramper à marcher, de balbutier à parler, de sortir de sa coquille à l’Être, car à chaque étape, la personne change, se transforme, laisse une couche d’elle-même comme une peau symbolique dont elle se libère pour poursuivre son évolution.

Cette métamorphose symbolique, c’est aussi la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle de Darwin. De l’amibe à la larve; de l’insecte à des formes de vie plus complexe, tout ça pour en arriver à l’être humain, ici la femme! En fait, c’est qu’elle a peut-être précédé l’homme pour en accoucher! Ce qui nous renvoie à notre ovule du début.

Mais, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’évolution, comme si l’un et l’autre étaient un miroir symbolique du tout: évolution de la vie à partir d’une cellule, que ce soit l’ovule chez la femme ou la première amibe dans une marre d’eau, de laquelle s’est formé le monde des vivants. Miracle ou hasard, peu importe, car nous sommes là. Mais, saurons-nous préserver cette fragilité pour en assurer l’avenir? Voilà la question fondamentale qui est des plus pertinentes en ces temps de déséquilibres écologiques causé par l’Homme.

Le CD

La première partie de ce disque (1à 12) est dédiée à des extraits des «Récitations» de Georges Aperghis. On a droit à une voix, car les Récitations que nous retrouvons sur cet album sont surtout celles pour voix seule. Exercice particulier de diction musicale, car le chant se veut parfois instrument à vent et d’autres fois instrument à voix. Ici, la prononciation musicale des mots en fait parfois toute la trame! C’est un exercice sur la musicalité des mots et «le son de la parole» comme on l’écrit dans l’article consacré à Georges Aperghis sur Wikipédia.

L’autre partie (13 à 21) est consacrée au Canti del Capricorno de Giancinto Scelsi. Anthropologique comme musique, on est parfois près des chants de gorge. C’est qu’on remonte aux origines pour mieux revenir à aujourd’hui. On passe des premiers sons naturels à leur évolution par le travail et la maitrise contrôlée de cet instrument que fut d’abord le cri avant de devenir la voix. C’est dire que la trame sonore est porteuse en elle même du signifiant de l’œuvre: l’évolution, que ce soit celle de l’Homme ou de la vie! Mais, c’est un peu la même chose, car tout part d’une cellule, parfois d’un accident!

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