17 décembre 2014

Reprise de l’opéra-performance Chants du Capricorne à Montréal

Montréal, le mercredi 17 décembre 2014 —

  • Marie-Annick Béliveau — Mezzo-soprano
  • Musiciens enregistrés: Julien Grégoire et François Gauthier, percussions; René Gosselin, contrebasse; Simon Stone, saxophone; Pauline Vaillancourt, voix

Seule en scène, la femme-capricorne enrobée d’une imposante crinoline au sexe magnifié, se défait peu à peu de son costume et entame sa mue, tel un parcours initiatique au cœur d’univers symboliques, mythiques et oniriques.

Chants Libres reprend Les Chants du Capricorne (canti del capricorno), opéra performance du compositeur italien Giacinto Scelsi, une œuvre marquante de son répertoire que la compagnie lyrique de création a créé en 1995 au Musée d’art contemporain de Montréal et qui a obtenu un grand succès auprès de la critique et du public.

La musique de Scelsi, d’une extrême difficulté d’exécution, et magnifiquement amenée à la vie par Pauline Vaillancourt lors de sa création il y a 20 ans et sur plusieurs scènes internationales, est interprétée cette fois-ci par la mezzo-soprano Marie-Annick Béliveau, étoile montante du chant lyrique contemporain, accompagnée par cinq musiciens préenregistrés (percussions, contrebasse, saxophone et voix).

Jalon de l’histoire des nouvelles formes d’opéra de création, Les Chants du Capricorne est uneœuvre phare au “solfège réinventé”, qui forme un cycle de 17 pièces pour voix seule, composé sur plusieurs années, révélant une musique aux incroyables reliefs sonores, d’une grande richesse harmonique et d’une complexité rythmique, exigeant de l’interprète, prouesses vocales et techniques, énergie physique.

«La partition est faite avec un langage composé de sons primitifs qui évitent les mots, mais qui donnent la parole, une parole qui par le fait même devient libre. Le manuscrit me ramenait à l’essence même du souffle, de l’expression de la voix et de la puissance du corps, pour exprimer et chanter la vie.» explique Pauline Vaillancourt.

Marie-Annick Béliveau avait assisté à la création montréalaise de l’œuvre et avait «alors trouvé que le travail d’interprète de Pauline Vaillancourt correspondait au défi qu’un artiste en art contemporain doit relever». En 2011, la directrice artistique de Chants Libres lui confie le rôle pour interpréter un extrait de l’œuvre, lors du spectacle Arias qui célébrait les 20 ans de création de la compagnie. En 2015, la jeune mezzo-soprano relève le défi de chanter Les Chants du Capricorne dans son intégralité.

La plupart des membres de l’équipe artistique qui avait accompagné Pauline Vaillancourt dans sa démarche lors de la création de l’œuvre en 1995 (c’était alors sa première conception et mise en scène d’un opéra) se fait de nouveau sa complice pour la reprise de Les Chants du Capricorne. La conception et la mise en scène sont de Pauline Vaillancourt, la scénographie et le costume sont du plasticien Massimo Guerrera, les vidéos sont de Michel Giroux et Jean Décarie, les éclairages de Nancy Bussières et les maquillages de Jacques-Lee Pelletier. Les musiciens enregistrés sont Julien Grégoire et François Gauthier aux percussions, René Gosselin à la contrebasse, Simon Stone au saxophone et Pauline Vaillancourt à la voix.

L’Italien Giacinto Scelsi (La Spezia 1905 — Rome 1988) a écrit plus de 150 pièces, laissant un ensemble de partitions surprenantes, du chœur au piano, de l’orchestre à la voix solo. Entre Orient et Occident, il pensait sa musique en termes d’énergie. Les Chants du Capricorne, chants de lui-même, natif de ce signe, est né de sa collaboration avec la soprano japonaise Michiko Hirayama, collaboratrice du compositeur pendant plus de vingt ans. C’est par celle-ci que la partition manuscrite des Chants du Capricorne (qui n’est toujours pas éditée) fut remise en 1987 à Pauline Vaillancourt lors de sa résidence à Royaumont en France.

Michiko Hirayama et Pauline Vaillancourt sont parmi les rares interprètes à avoir chanté cette œuvre qui exige une fluctuation incessante de la voix et Chants Libres est la seule compagnie à avoir mis en scène cette œuvre. La jeune mezzo-soprano québécoise Marie-Annick Béliveau, qu’on a pu aussi entendre à Chants Libres en novembre 2009 dans l’opéra-féerie de Gilles Tremblay, L’eau qui danse, la pomme qui chante et l’oiseau qui dit la vérité, chantera à son tour cette œuvre à l’impressionnante intensité et densité sonore.

Le corps résonne comme un sonar.
L’intrus devient l’autre… Puis l’autre devient “l’autre soi-même”…
Déclenchements, éveils, curiosité, disponibilité…
Plus de proie ni de prédateur.
Un cataclysme métabolique se prépare dans le laboratoire du corps.
(Extraits du synopsis de Guy Beausoleil)

Chants Libres

Fondé en 1990 par la soprano Pauline Vaillancourt, en association avec Joseph Saint-Gelais et Renald Tremblay, Chants Libres offre un répertoire opératique adapté aux couleurs de la modernité, explorant constamment de nouvelles techniques et approches de l’art vocal. Depuis sa fondation, la compagnie a réalisé de nombreuses commandes d’œuvres et a créé quinze opéras. Le Rêve de Grégoire de Pierre Michaud, dans une mise en scène de René-Daniel Dubois, présenté en mai 2014 par Chants Libres, en coproduction ave la SMCQ, a reçu le Prix Opus 2014, Création de l’année.

La compagnie organise également des ateliers de formation pour chanteurs et a à son actif plusieurs CD, DVD et publications.

Les Chants du Capricorne, produit par Chants Libres, est présenté dans le cadre de la saison 2015 de Le Vivier et a reçu l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts de Montréal et d’Hexagram UQAM.

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