The Wings of Daedalus

  • Musique: Maurizio Squillante
  • Livret: David Haughton, Fabio Squillante
The Wings of Daedalus [Les ailes de Dédale]

Description

L’Opéra

L’idée d’un opéra sur le Cyborg comme nouveau Daedalus, est née aux alentours de 1997, de la rencontre de Maurizio Squillante avec la performance «Parasite» de l’artiste d’origine chypriote Stelarc, le plus acclamé des artistes du body-art et de la performance aujourd’hui. M. Squillante a développé l’idée initiale avec Sebastiano Fusco, à partir de l’analyse des textes classiques sur la figure mythique de Dedalus et le cycle minoen (Ovide, Metamorphoses, Pseudo-Appolodorus, The Library). Cette étude a servi à développer une construction poétique qui, malgré la référence narrative à la structure du mythe, s’en sépare dans ses formes esthétiques qui sont plutôt configurées à l’image des canons contemporains les plus extrêmes.

La performance, inspirée du sujet narratif du mythe minoen, présente un enchaînement d’évènements symboliques qui tracent un chemin qui débute à la sortie du labyrinthe du dogme, se concrétise dans la voie Hyper-individualiste empruntée par le Cyborg, et se termine dans un nouveau labyrinthe représenté par le réseau de l’éternelle répétition de l’expérience connue. Alors, le futur Daedalus transcende encore une fois sa nature humaine, en renonçant à sa physicalité pour devenir information pure et simple.

Le travail essaiera de dégager ces concepts par l’usage de technologies de pointe qui annoncent aujourd’hui l’avènement du nouveau Cyborg.

Soit: des électrodes placées dans les corps des danseurs qui se réalisent dans une danse automatique; des images en trois dimensions sorties des mondes virtuels; une transformation électronique live du timbre des voix; la permanente interrelation entre tous les participants, de caractère virtuel ou non; la construction de squelettes et Movatars mécanico-robotiques qui couvriront les corps de quelques danseurs; des vidéo-caméras dont le focus et le mouvement seront programmés; tout pour décrire la possible sublimation de l’Humanité et de notre substance corporelle.

La musique et les voix

L’absence d’orchestre est intentionnelle. Pour des raisons de cohérence, il existe un rapport avec la technologie musicale électronique qui, dans le contexte de cet opéra, dépasse et transcende les gestes des hommes. Il reste seulement la voix, miroir de toutes les âmes, source de tous les symboles, matière du Spiritus Mundi et pure sonorité sur bande, pour mettre en valeur et caractériser par le timbre la diversité et les affections ou émotions. Le but est de faire du son un outil dramaturgique, narratif, et pas seulement forme ou structure.

La technique de composition développée pour cet opéra se base sur l’interrelation entre les chanteurs et le texte poétique. La partition surgit d’un processus formel complexe qui met en transe les moyens utilisés par le chanteur pour appréhender le texte poétique et le symbolisme des personnages représentés. C’est d’ailleurs à travers ces séances de transe, induites et guidées par le compositeur (Squillante), que le chanteur dépasse l‘automatisme de l’improvisation d’une partition donnée pour se projeter dans une expérience symbolique et directe qui se situe dans le domaine de l’inconscient. Le résultat est une re-découverte, sous une forme contemporaine et expérimentale, de la valeur dramatique du son et de la chanson.

La mise en scène et la chorégraphie

La mise en scène-scénographie est constituée de trois écrans verticaux devant lesquels la scène constitue le point où l’action se déroule. Des stations «scénographiques» tournantes accueillent les chanteurs, dont l’immobilité physique sera sublimée par les mouvements des danseurs sur scène: les danseurs sont des projections physiques des voix.

La direction artistique de la vidéo se déroule autour des éléments suivants: des images détaillées du corps, endoscopiques et externes, des images en direct filmées par des micro-caméras, des images préenregistrées et retraitées en direct. Toutes les images projetées sur les écrans proviendront de la scène, sans pré-production vidéo.

L’interaction entre les danseurs et les images créées à partir des capteurs placés sur leurs mains leur permet d’activer les divers éléments sur les écrans. D’autre part, leur mouvement sera de temps en temps contraint et automatisé par les impulsions électriques dirigées sur les corps des danseurs par des électrodes situées sur leurs corps et contrôlés par ordinateur.

Les images constituent l’élément scénographique en évolution permanente.

Dans le deuxième acte, il y aura un chœur sur bande réalisée à partir des voix et paroles électroniquement transformées de deux chanteurs qui joueront les rôles des Cyborgs qui entrent en interrelation avec Daedalus et Cocalus (Cocalus en direct et Daedalus qui devient progressivement un Avatar). L’idée est de représenter visuellement le chœur des Cyborgs.

Le combat de Cocalos et Daedalus sera virtuel et projeté en 3D sur la scène.

Les personnages

Le but de cet opéra n’est pas de réinterpréter ou actualiser le mythe de Daedalus mais de mettre en œuvre un certain nombre de concepts qui montrent l’Homme qui cherche constamment à transcender sa nature. Cette performance ne se limite pas à prendre en considération les allégories purement figuratives du mythe en tant que tel et, même si nous retrouvons ses personnages principaux, ils ne seront pas reliés sous une forme narrative: Daedalus-Cyborg et tous les personnages qui évoluent autour de lui (Apollo, Minos, Icare, Perdix …) feront partie d’un design conceptuel individuel, dont ils ne sont que les reflets allégoriques.

  • Apollo, par exemple, n’anticipe pas les évènements du mythe, comme dans Euripide, mais expose d’un point de vue conceptuel et poétique l’enchaînement de forces qui ont toujours poussé l’Humanité vers la transcendance et le devenir — forces dont il est le seul créateur.
  • Notre Daedalus n’est pas seulement le créateur du labyrinthe, ni un Cyborg, mais exprime l’angoisse de l’Homme face à la transcendance de sa propre nature.
  • Icare représente le pouvoir destructeur de l’ignorance et est privé de voix
  • Minos, comme Cocalus, avec sa quête frénétique de l’ordre, est l’obstacle qui sépare l’Homme de la perfection.
  • Perdix, heureux de la mort d’Icare, représente seulement la force destructrice d’un esprit créatif déviant
  • La fille de Cocalus représente la force radicale de l’initiation; elle est l’agent alchimique qui dissout les énergies négatives.
  • Dans le premier acte, le chœur incarne la conscience humaine et interprète par ses chants les messages divins. Dans le deuxième acte, il représente la conscience collective de la société des Cyborgs.

Créateurs

Interprètes à la création

Production

Une coproduction de Chants Libres, Namasté (France) et AIOLC (Italie)

Page prod@wings générée par litk 0.600 le lundi 29 février 2016. Conception et mise à jour: DIM.